Archives Séquences

Ici, apparaissent les séquences qui ont été déposées
du 7 octobre 2014 au 19 juillet 2015.

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SEMAINE 29, 2015.

Par  Bernard Meier, Olivier Baud, Mirush Bega et Nicole Priou,  le 19 juillet 2015.

 

L’homme et l’arbre sont unis dans l’imagination de l’homme, peut-être même le sont-ils dans quelque imaginaire de l’arbre. Ne parle-t-on pas du corps de l’arbre, de son tronc, de son pied ? Et, de l’homme, ne parle-t-on pas de sa fourche pour définir le lieu de sa division, ne parle-t-on pas de ses racines pour circonscrire l’endroit de son implantation essentielle et vitale ?
Salah Stétié, Dans le miroir des arbres, Fata Morgana,  2011.

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SEMAINE 28, 2015.

Par  Mirush Bega, Bernard Meier et Nicole Priou, le 10 juillet 2015.

 

Véritablement poétique est cette forme de vie qui, dans son oeuvre,
contemple sa propre puissance de faire et de ne pas faire

et trouve en elle la paix.
Giorgio Agamben, Le feu et le récit, Bibliothèque Rivage, 2015, p.156.

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SEMAINE 27, 2015.

Par  Mirush Bega, le 3 juillet 2015.

 

Le cerveau des poètes est un fond de mer où bien des coques reposent.
Paul Valéry, Œuvres, la Pléiade, Gallimard, 1962.

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SEMAINE 26, 2015.

Par  Bernard Meier, Mirush Bega, et Olivier Baud, le 26 juin 2015.

Un léger souffle de vent, que je ne peux sentir derrière ma fenêtre, déchire en dénivellements aériens la chute rectiligne de la pluie. Quelque part s’éclaircit un coin de ciel, que je ne vois. J’oublie tout ; je demeure sans voir, et sans penser. La pluie cesse, et il en reste, un instant, une poussière de diamants minuscules, comme si, de là-haut, on secouait des miettes d’une grande nappe azurée.
Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité , Christian Bourgeois, 2004.

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SEMAINE 25, 2015.

Par  Mirush Bega, Bernard Meier et Olivier Baud, le 19 juin 2015.

“Maître d’ouvrage d’un monde, tout homme naît avec cette aptitude que, peut-être, les philosophes, les artistes et les grands savants possèdent à un degré supérieur. Parmi les Incipit qui font mouche et d’un énoncé ramassent la substance d’un livre, je n’en connais pas d’aussi pertinent que la phrase d’ouverture du Monde comme volonté et comme représentation d’Arthur Schopenhauer : “Le monde est ma représentation”. La phrase est suivie d’un tiret et le premier membre de phrase qui s’enchaîne après ajoute aussitôt ce commentaire pour en augmenter la portée : “c’est là une vérité qui vaut pour chaque être vivant et connaissant”.
Michel Guérin, La croyance de a à z, un des plus grands mystères de la philosophie, Encre Marine, 2015, p.111.

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SEMAINE 24, 2015.

Par  Bernard Meier, le 12 juin 2015.

Edgar Allan Poe, Histoires grotesques et sérieuses , folio classique, 1978, p.169.Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis. Dans leurs brumeuses visions, ils attrapent des échappées de l’éternité et frissonnent, en se réveillant, de voir qu’ils ont été un instant sur le bord du grand secret.

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SEMAINE 23, 2015.

Par  Bernard Meier Gérard Jean-Montcler et Mirush Bega, le 4 juin 2015.


André du Bouchet, Fragment  de “Le surcroît”, in Axiales, Mercure de France, 1992, p.38.
Air
en escalier
                             et
contraire à ce plat
du pas.

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SEMAINE 22, 2015.

Par  Bernard MeierMirush Bega, Olivier Baud et Gérard Jean-Montcler, le 29 mai 2015.

Jules Supervielle, Gravitations, Poésie/Gallimard, 2011, p.52.

Voyageur, voyageur, accepte le retour,
Il n’est plus place en toi pour de nouveaux visages,
Ton rêve modelé par trop de paysages,
Laisse-le se reposer en son nouveau contour. (…)

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SEMAINE 21, 2015.

Par  Mirush Bega,  Bernard Meier et Olivier Baud, le 22 mai 2015.

Guillevic, Etier, Poésie Gallimard, 1997pp. 65-76.

Reflets

Est-ce qu’on peut dire
Que l’eau est venue d’ailleurs?

Est-ce qu’elle n’est pas
Partout chez elle,

Toujours à demeure,
Le temps d’être là?
            *

Si l’eau est arrivée,
Ce n’est peut-être pas,
Pas seulement,

Pour venir à cette lumière.
            *

C’est plutôt la lumière
Qui est venue d’ailleurs.

Pour faire parler.
           *

Où est maintenant
L’horizon?


Commence l’itinéraire?
            *

Durer, durer,
Dit l’eau.

Et la lumière
N’entend pas

Ou fait semblant.
            *
Bien malin qui dira
Laquelle des deux,

De l’eau,
De la lumière,

Joue au mystère.
           *

Caresse-moi,
Dit l’une.

Caresse-moi,
Dit l’autre.

En attendant.
            *
On pourrait s’arrêter
Dit l’une, dit l’autre.

On pourrait à tout jamais
Se plaire ici.

— Mais l’appel
Vous vrille.
            *

Possible,
Dit l’eau,
Dit la lumière,

Aux voisins,
Aux voyageurs.

Possible pour vous
D’aller ailleurs
A travers nous.

 

            *
Nous parlons,
Disent-elles,

D’un pays
Que nous ne connaissons pas.

Que nous soupçonnons.
           *
Nous soupçonnons
Que c’est en vous
Qu’est ce pays

Dont nous parlons,
S’il faut vous croire.
            *

Filtrez donc cette lagune
Dans vos appareils
Et voyez ce qu’il en reste.

C’est nous,
Disent vers le soir
La lumière et l’eau,

C’est nous,
Le point d’orgue.
           *

Plus que l’éclair agrippant
Le sommet des vagues,

Cette soirée
Devenue point d’orgue

Nous accomplit.
           *
Tout doit toujours
Être recommencé,
Nous le savons.

Mais cela fut,
Ces noces,

Et la question
Dans le point d’orgue.
            *

Nous repartirons.

Le temps peut-être que se taise
Le rossignol

Et crie la mouette.
           *
Ne dites pas
Que ce point d’orgue

C’est la fatigue,
Le repos.

Nous savons, nous,
Que le repos
N’est pas possible.

Autre
Est l’extase.
           *

Oui,
Dit l’homme

Près de ce qui est
Encore la mer
Au soleil couchant,

Oui, c’est vous
Qui nous faites rêver
De l’impossible.
            *

Le nuage
Est un compromis
Qui vous échappera.

Dans le présent,
Il vous reçoit.
            *

Dans le nuage

La transparence de l’eau,
Celle de la lumière

Deviennent du blanc
Qui tend au noir.
            *

Voir
Que c’est la lumière

Qui a donné à l’eau
La force

De monter,
De voguer.
           *

Parenté
De l’eau et de la lumière :

Le gel
Qui prend l’une et l’autre
Au petit matin.

Le cri, plus loin,
Peut-être d’un oiseau.
            *

L’eau,
La lumière.

La glace
Est la gaieté
De votre deuil

Aux gouttières des toits.

 

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SEMAINE 20, 2015.

Par  Muriel Chazalon, Mirush Bega,  Bernard Meier et Olivier Baud, le 15 mai 2015.

Il y aura toujours une lumière
Pareille à aucune,
Où ce pourrait être l’endroit.

Il y aura toujours
A ne pas s’arrêter.

Toujours
A ne pas savoir pourquoi.

Il y aura toujours
A rencontrer la bonne lumière,
Celle

Où n’avoir plus rien à perdre.
Guillevic, Etier, Poésie Gallimard, 1997, p.89.

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SEMAINE 19, 2015.

Par  Bernard Meier, Mirush Bega et Olivier Baud, le 8 mai 2015.

L’éblouissement tissé de vols. Le blanc, le noir et le regard au fond.
Jacques Ancet, Portraits de l’ombre, in Les travaux de l’infime, Erès, 2012, p. 228.

 

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SEMAINE 18, 2015.  

Par  Clara Meloni,  le 1er mai 2015.


Olivier Messian, Catalogue d’oiseaux (pianiste Roger Muraro),
L’alouette calandrelle (vol 2), paru le 22 août 2000.
Enregistré pendant le Festival Présences de Radio France 1999.

 

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SEMAINE 17, 2015. 

Par  Mirush Bega , Gérard Jean-Montcler, Muriel Chazalon et Robert Busilacchi, le 24 avril 2015.

L’instant est une danse d’ombre, un étincellement 
immobile. On voit sur le bleu profond et lumineux
bouger les branches – trembler le désir.
Jacques Ancet,  Les travaux de l’infime, Erès, 2012, p. 87. 

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SEMAINE 16, 2015.

Par  Olivier Baud, Bernard Meier, Mirush Bega et Robert Busilacchi, le 17 avril 2015.


Roule, grande boule, fourmilière de consciences, terre, roule,
teintée d’aurore, chapée de crépuscule, d’aplomb
sous les soleils, nocturne, 
roule dans l’espace abstrait, dans la nuit à peine
éclairée, roule… 
Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert,  nrf Poésie/Gallimard, p.191.

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SEMAINE 15, 2015.

Par  Bernard Meier, Mirush Bega et Olivier Baud, le 10 avril 2015.

Toujours on croit avoir fini. Que peut-on ajouter?
Aux mots les mêmes mots, aux images, les mêmes
images, le chêne, la clôture et la neige. Les
mésanges et les pinsons. La montagne arrêtée
dans sa chute. Le ciel dans sa déchirure. Ou,
seulement, ce vide où l’on se penche. Un
éblouissement. On ne voit rien, on n’entend rien
et pourtant, c’est comme si tout en montait ou
s’y abîmait. Comme le front posé de l’enfant
contre le froid de la vitre, avec la buée du souffle
et, derrière, les taches de couleurs, le monde qui
commence.
Jacques Ancet, Portraits de l’ombre, in Les travaux de l’infime, Erès, 2012, p. 227.

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SEMAINE 14, 2015.

Par  Bernard Meier, Mirush Bega, Olivier Baud et Jacques Bœsch, le 3 avril 2015.

Une histoire où se mêlent hexagone et concorde, 
ciel et terre, pavés et bitume, flèche et rondeurs gothiques.
Un enchaînement de symboles,

de surprises et de coups d’œil improbables.

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SEMAINE 13, 2015.

Par Olivier Baud, Bernard Meier, Mirush Bega et Robert Busilacchi, le 26 mars 2015.

Rugueux, lisses, fendus, ornementés, suggestifs.
Quand le bois se fait presque humain.

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SEMAINE 12, 2015.

Par Bernard Meier, Muriel Chazalon et Mirush Bega, le 19 mars 2015.

Les plis d’un drap, ou d’une nappe.
Un café qui, peut-être, se renverse et crée une tache suggestive.
D’autres plis, froissements et dénouements y répondent.
Tissus, fibres, textures : autant de métaphores que foetica aime montrer.

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SEMAINE 11, 2015.

Par Olivier Baud, Bernard Meier, Mirush Bega et Jacques Bœsch, le 13 mars 2015.

On doit prendre la simplicité comme principe directeur de vie.” Lao Tseu. 

D’une simplicité quasi-enfantine, un fil se déroule.
D’abord c’est la couleur, puis la géométrie, pour en revenir au paysage en arrière-plan…
et redérouler le fil, autrement peut-être.

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SEMAINE 10, 2015.

Par Robert Busilacchi, Bernard Meier et Mirush Bega, le 6 mars 2015.

Abondance de neige et quantité de couleurs se croisent,
dans une inversion de luminosité.
A St-Donat (Québec), St-Jean (Anniviers) et du train près d’Yverdon.
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SEMAINE 9, 2015. 

Par Gérard Jean-Montcler, Bernard Meier et Mirush Bega, le 27  février 2015.

Se croiser, et en retirer un sourire.
Ou le faire, peut-être, avec méfiance, prudence, réserve.
Et lorsque le temps s’arrête, se retrouver dans une posture incertaine.
A Marrakech, Paris et Megève.

 

 

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SEMAINE 8, 2015.

Par Muriel Chazalon, Bernard Meier et Mirush Bega, le 20 février 2015.

D’abord un écho de couleurs, 
puis un appel au voyage, 
qui se poursuit par une allégorie…
A Kerfontaine, Bruxelles et La Chaux-de-Fonds.

 

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SEMAINE 7, 2015.

Par Muriel Chazalon, Bernard Meier et Mirush Bega, le 14 février 2015.

Alors que l’hiver la dissimule, la pèle, gèle et ternit, 
“Terre” de Muriel Chalazon incite à un des rebonds plus exubérants, colorés et chaleureux. 
Là où la terre pourrait être mer, ondulations, comme l’eau sous l’effet du vent.
En Bretagne, à Aiguebelette et Fribourg

 

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SEMAINE 6, 2015.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 8 février 2015.

Lisse et brillant, en écho, dans une opposition de températures.
A La Chaux-de-Fonds et Thonon.

  

 
Aldo Ciccolini, Chopin, Valse n°15 en mi majeur, op.posthume, chez Emi, Enregistrement 195o-1991.
Aldo Ciccolini est mort dans la nuit du 31 janvier 2015. 

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SEMAINE 5, 2015.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 1 février 2015. 

Des portées aquatiques répondent à un vieux Gaveau et à sa partition.
Touches de lumière pour un bercement musical.
A Genève et Liège…

 
“Cependant, il me semble que ce qui est également en jeu,
c’est le désir de marquer sa propre empreinte sur l’objet
de telle façon qu’il ne sera plus le même après qu’avant,
qu’il sera modifié par l’image que l’on aura pu en faire.”

Serge Tisseron, La main, l’oeil, l’image, Ina Editions, 2014, p.112.

Aldo Ciccolini, Liszt, Pastorale première année : Suisse, chez Emi, Enregistrement 195o-1991.
Aldo Ciccolini est mort dans la nuit du 31 janvier 2015. 

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SEMAINE 4, 2015.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 24 janvier 2015. 

A Genève et Berne, entre affichage et arrachage, certaines images se réinventent, se recréent.

“Ce qui est intéressant, pour le psychanalyste, c’est de comprendre
comment le fait qu’un individu prenne des photographies va modifier
sa propre relation au monde.”
Serge Tisseron, La main, l’oeil, l’image, Ina Editions, 2014, p.86.

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SEMAINE 3, 2015.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 17 janvier 2015. 

A Loèche-les-Bains (Valais) et à Crête-Vandoeuvres (Genève), 
une barrière fait écho à une persienne, ancienne. 
Toutes deux n’empêchent pas la lumière, le franchissement, l’évasion.
Une étape à dépasser, entre contraste et surexposition.

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SEMAINE 2, 2015.

Par Bernard Meier et Mirush Bega, le 8 janvier 2015. 

La Mort est un Dialogue entre
l’Esprit et la Poussière.
« Dissous-toi » dit la Mort – L’Esprit « Madame
J’ai une autre Espérance –
 
La Mort en doute – Reprend sa Plaidoirie –
L’Esprit lui tourne le dos
Laissant simplement pour preuve
Un Manteau d’Argile.
Emily Dickinson, Lieu-dit L’éternité, Point, 2007, p. 197.

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SEMAINE 1, 2015.

Par Bernard Meier et Mirush Bega, le 4 janvier 2015. 

Entre Sommières (Gard) et Genève, une inversion de cygnes,
où le noir et blanc se répondent,
où le positif de l’un serait le négatif de l’autre.

Violet Indigo Bleu
Vert Jaune Orangé Rouge
Soir tombant Mer Ciel Prairie
Epis mûrs Feuille d’automne Sang.
 
Est-ce nature, est-ce oubli ?
Noces et deuil,
le Blanc et le Noir
semble n’exister
que dans les marges imaginaires
entre lesquelles fait la roue
tout ce que notre vue peut embrasser.
Michel Leiris, A cor et à cri, Gallimard, 2000, p. 161.

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De la SEMAINE 52 (2014) à la SEMAINE 1, 2015.

Par Bernard Meier et Mirush Bega, le 2 janvier 2015. 

A la transition d’une année vers l’autre, suffit-il de passer le pont… 
Prague et Avignon, fin décembre 2014.

2015

SEMAINE 51, 2014.

Par Bernard Meier et Mirush Bega, le 21 décembre 2014. 

Des arbres d’hiver à travers les coulures de la fenêtre du Conservatoire de Mons en Belgique,
des arbres d’hiver et des églises en reflet de vitrine sur la place de la Vieille Ville à Prague en Tchèquie,
… quelques jours avant Noël.

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SEMAINE 50, 2014.

Par Mirush Bega, le 14 décembre 2014. 

En avant,
les aléas d’un avenir
dont chacun de mes jours
amaigrit l’enjeu.
 
En arrière,
le poids mort
de ce qui s’est trop vite vécu.
 
Au milieu,
ligne de partage
que rien ne saurait fixer,
l’instant présent
tiraillé entre soif et nostalgie
quand ne le colore
douleur, peur, fureur ou remords.
Michel Leiris, A cor et à cri, Gallimard, 2000, p. 124.
 

Par Bernard Meier, le 14 décembre 2014. 

Quand le parcours de santé & découverte devient… artistique.

 

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SEMAINE 49, 2014.

Par Bernard Meier et Mirush Bega, le 7 décembre 2014. 

Aux derniers jours de la chasse, certains se cachent, bien que n’étant pas gibiers.

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SEMAINE 47, 2014.

Par Bernard Meier, le 23 novembre 2014. 

Jour de naissance. Il s’amuse avec son double, en attendant l’arrivée d’un alter ego familial.

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SEMAINE 46, 2014.

Par Bernard Meier, le 12 novembre 2014. 

Théâtre de Carouge, avant “Les Jumeaux vénitiens” de Goldoni, des triplés masqués, fibrés, ombrés de Werner Strub.

Par Mirush Bega, le 16 novembre 2014. 

“D’aucuns diront que la fallacieuse beauté créée par la pénombre n’est pas la beauté authentique. Toutefois, (…) nous autres Orientaux nous créons de la beauté en faisant naître des ombres dans des endroits par eux-mêmes insignifiants.

Des branchages
assemblez et nouez
voici une hutte
dénouez-les vous aurez
la plaine devant

dit le vieux poème, et notre pensée somme toute procède selon une démarche analogue : je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses.”
Junichirô Tanizaki, Eloge de l’ombre, Verdier, 2012. 

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SEMAINE 45, 2014.

Par Bernard Meier, le 8 novembre 2014. 

Au détour d’une visite, quelques fenêtres sur un projet un peu fou, presque irréaliste.

 Par Mirush Bega, le 8 novembre 2014.

“Voir la fenêtre, ce n’est pas la voir, mais voir ce qu’elle donne à voir, le spectacle qu’elle offre à notre rêverie, à notre regard, à notre immobilité. Ce n’est pas la fenêtre qui s’offre à notre vue, mais c’est elle qui la guide, qui l’encadre en la délimitant, en la décomposant. Elle doit donc se rendre invisible, aussi absente et oubliée que les bords d’un tableau, tout aussi nécessaire pour tracer l’espace de notre vision.”
Dominique Rabaté, Gestes Lyriques, Editions Corti, 2013.

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SEMAINE 44, 2014.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 2 novembre 2014. 

A Paris comme à Bruxelles, coups d’oeil musical.

“Le hasard remonte du détail de ce que reçoit l’appareil photographique dans la matière du monde autant que des rapports qui ont existé entre les composantes de l’oeuvre à l’instant où la photo a été décidée et prise. (…)

Le savoir du hasard est désormais au plus vif de notre regard, au coeur de nos réflexions.”
Yves Bonnefoy, Poésie et photographie, Paris, Galilée, 2014, p. 22 et 23.

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SEMAINE 43, 2014.

Par Bernard Meier, le 26 octobre 2014. 

A deux pas de la maison natale d’Audrey Hepburn, dans le quartier d’Ixelles, à Bruxelles, une nymphe publicitaire, entre transparence, feuilles et effeuillages.

 Par Mirush Bega, le 26 octobre 2014. 

“La poésie, c’est ce qui s’inquiète des échafaudements à travers les siècles de la pensée conceptuelle, celle qui prend appui sur des aspects de la donnée empirique, dont elle déduit des lois, et non sur la totalité, la compacité, que nous percevons pourtant spontanément dans les choses, quand nous rencontrons celles-ci dans l’ici et maintenant de notre vie. Cette sorte d’approche conceptuelle, qui procède par choix parmi ces aspects, et donc, simultanément, simplifie et généralise, prive l’esprit de reconnaître en ce qu’il perçoit l’unité qui est la respiration de ses diverses parties ensemble, autrement dit ce qui en fait une chose particulière, finie, au moment même où elle s’ouvre è cet autre tout, la réalité comme telle.Et c’est là un aveuglement qui affecte aussi la conscience de soi de la personne, qui ne peut plus pleinement penser son appartenance à l’être au monde. La poésie est la mémoire de cette perte, un effort pour rétablir avec ce qui est le contact perdu.
Yves Bonnefoy, Poésie et photographie, Paris, Galilée, 2014, p. 10-11.

“Quels sont ces caractères, qui distinguent l’image de la vie pleinement vécue ? Le premier, c’est que toute image a besoin d’un support : mur ou pierre ou toile ou papier ou au moins la pensée d’un tel support. Et cela, parce que le support, c’est aussitôt le fait d’une délimitation, d’un cadre, ce qui suggère que les choses et les êtres que l’image semble évoquer se situent dans un authentique lieu, avec son espace et même sa lumière : le cadre confère à l’image un semblant de réalité, et c’est de lui que cette illusion tient sa capacité à durer au-delà de l’instant de rêverie : il lui confère crédibilité mais surtout et d’abord autorité, à un plan qu’on peut dire ontologique, celui où l’on décide de ce qui est, ou n’est pas”.
Yves Bonnefoy, Poésie et photographie, Paris, Galilée, 2014, p. 13-14.

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SEMAINE 42, 2014.

Par Mirush Bega et Bernard Meier, le 15 octobre 2014. 

Canards, Genève, 14 octobre 2014, Images de Mirush Bega

pas de deux… à trois, entre madame et deux messieurs, au Parc de la Grange, Genève.

… et en écho, et sans canards, une approche étonnante de Chopin,

Chopin: Etude #9 In G Flat, Op. 25/9, Leszek Możdżer, impressions on chopin, keep swingin’chopin, Naïve, 2014.

  

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SEMAINE 41, 2014.

Par Bernard Meier, le 7 octobre 2014. 
Franz Schubert, Impromptu D.899, op.90 3, par Alain Planès, Harmonia Mundi. 

 Par Mirush Bega, le 5 octobre 2014. 

A propos du geste, trois fragments de texte (Michaux, LeCoultre, Rabaté) : geste à retrouver, geste à oser, d’une main engagée pour que naisse le mouvement. Risque pris jusqu’au bout, sans y croire, sans se laisser gagner par soi.

Henri Michaux, Poteaux d’angle, Gallimard poésie, 2004.

Trouve « ses » gestes », ceux dont elle a envie et qui seront gestes pour te refaçonner. Danse de la main. Observes-en les effets immédiats et lointains. Capital, surtout si tu ne fus jamais homme à gestes. C’est cela qui te manquait et non pas ce que vainement tu cherchais au dehors, en études et compilations. Indéfiniment reviens à la main. (p.78)

 Si affaissé, brimé, si fini que tu sois, demande-toi régulièrement – et irrégulièrement  – « Qu’est-ce qu’aujourd’hui encore je peux risquer ? » (p. 47)

 Tu es contagieux à toi-même, souviens-t’en. Ne laisse pas « toi » te gagner. (p. 24)

Lya LeCoultre, Regard sans fin, non publié.

Décharné
sec
noir sur bleu
brun dans ocre
tenace
comme la vie.

Je prends l’arbre
regard sans fin
dans le désert de mes jours
le plante.
(Paris, 13 avril 2000) 

Dominique Rabaté, Gestes Lyriques, Editions Corti, 2013.

Le geste dont rêve le poète moderne s’approche souvent de celui du musicien, mais aussi avec une netteté nouvelle, de celui du peintre, quand celui-ci s’affranchit des règles anciennes de la perspective. Car ce sont la matérialité du tracé du pinceau, l’énergie du mouvement de la main, le raté possible du trait qui se donnent directement à voir. C’est le geste dans son effectuation à la fois finie et interminable qui saisit notre regard de spectateur. De la même façon que chaque poème semble se faire énergie et trace d’un geste dont le lieu d’accomplissement est le texte lui-même. (p.20)

2014

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